• Elsa Nédélec

Le Schumacher College, une école pour redevenir vivant

Mis à jour : 4 avr. 2019

A la fin de l'année dernière je suis partie avec un groupe d’innovateurs engagés dans cet endroit aussi original qu’inspirant, le Schumacher College, basé dans le Sud-Ouest de l’Angleterre, à Totnes (ville en transition) lors d'un voyage d’exploration mené par Olivier Maurel. Au delà de la vidéo de présentation (voir bas de page) réalisée par Olivier Sabatier, et qui restitue magnifiquement l’âme du lieu, voici quelques mots au sujet de cet endroit magique, à la fois joyeusement utopiste et en même temps si sérieusement nécessaire pour ouvrir la voie à d’autres futurs.



La campagne environnante Anglaise de toute beauté.

"Transformative Learning for Ecological and Social Change"

Cette université très spéciale a pris le parti de former les « leaders » de demain à se servir de leur tête mais aussi de leur cœur et de leurs mains, comme l’exprime la formule « head/heart/hands » de son fondateur, Satish Kumar, « porteur de paix » et ancien moine bouddhiste devenu activiste puis enseignant conférencier. Constatant que les grandes écoles et universités prestigieuses "classiques" forment des leaders qui sont certes efficaces et productifs mais malheureusement aussi acteurs de systèmes destructeurs de la planète, Satish Kumar et une poignée d'enseignants visionnaires ont voulu mettre en pratique un autre type d'éducation.





A une heure où l’urgence est de transformer notre mode de vie, de consommation, la philosophie de cette université est de favoriser la transformation de chacun, interprétant au sens propre l’adage « soyons le changement que nous voulons voir dans le monde ». La proposition est de donner à chaque étudiant le bagage intellectuel mais aussi le cadre, l’éthique qui permette à chacun de se connecter à son propre chemin de développement. Etape préalable pour mieux se réaliser dans une voie d’action professionnelle, connectée à la nature et à sa vraie nature. Véritable catalyseur de changement en France, Olivier Maurel se forme actuellement dans cette université comme avant lui Pablo Sévigné, porte-parole des collapsologues qui est devenu très médiatique récemment. Olivier a donc souhaité embarquer un max d'entrepreneurs dans cette aventure en confectionnant un programme court d'exploration qui restitue la sève de l'esprit Schumacher afin de semer dans nos esprits et dans nos coeurs les graines qui nous aideront à faire pousser nos envies de changement en France.



Introduction au cours atelier de connexion à la nature, avec Jenny MacKewn, enseignante leader de transformation

En pratique


C'est ainsi qu'avec le "french innovation group" nous avons été accueillis à bras ouverts par la communauté du Schumacher et suivi un programme d'une semaine, articulé autour de la "deep ecology"* et du "travail qui relie"** dans la joie et la bonne humeur. En fait au Schumacher College, on vit une expérience globale où la journée se partage entre les cours en classe et travaux pratiques, la vie avec la communauté dont la plupart des membres - élèves, enseignants, personnel facilitant - vivent sur place ou à proximité, et les activités libres ; autant d’occasions de se relier à soi et à la nature (jardinage, balades en forêt, travail du bois, yoga …), les frontières entre phases d’apprentissage et phases de ressourcement étant d’ailleurs un peu floues...


Quel bonheur de passer autant de temps à l'extérieur chaque jour, l'"extérieur" étant notre véritable "intérieur" selon le professeur Stephan Harding (à méditer). Quel bonheur aussi que soit ici redonnée sa place à l’être humain dans toutes ses dimensions : spirituelle, émotionnelle, corporelle et non seulement à notre dimension intellectuelle, qui reste cependant centrale (les masters délivrés étant reconnus via un partenariat avec l’université de Plymouth). Il n'est pas surprenant de pratiquer en cours la méditation, le chant ou la danse, des rituels de connexion à la nature, avant d'aborder les sujets de manière académique… La division corps/esprit occidentale qui doit beaucoup à notre cher Descartes, trouve donc ici une réconciliation pour former des éveillés et sensibles.

C'est ainsi qu'avant de parler écologie, on a été accueilli par le professeur Stephan Harding avec un morceau de guitare.. quelle surprise !


En conclusion


Au Schumacher College, chaque élève a ainsi la possibilité de « cultiver son propre jardin », s'enrichissant de l'expérience en communauté, afin de participer en toute justesse à la tentative de sauver Gaïa, notre (unique) terre nourricière si belle et dont nous avons tant besoin. J’aurai plaisir à revenir dans cette université pour approfondir mon propre élan de transformation, et j’invite toute personne en transition ou non, en recherche d’inspiration mais surtout d’expérimentation à découvrir les prochains voyages organisés par Olivier (cf. ci-dessous). Vous trouverez également via le lien du Schumacher College ci-dessous le programme des formations courtes et longues, autant de manières de rallier le joli programme proposé par Satish Kumar dans son dernier ouvrage : « Soil, soul and society : a new trinity for our time ».



* "le travail qui relie" et la "deep ecology" sont des outils méthodologiques développés en premier lieu par Joanna Macy pour aider les individus à transformer leur tristesse / aberration face à la crise écologique en actions collaboratives et constructives. Ces approches cherchent à connecter l'individu à sa nature profonde, et à la nature au sens large, à travers des processus intellectuels, émotionnels et sensoriels et proposent des cadres de transformation vers l'action engagée et soutenable.


Sur le "travail qui relie" et la "deep ecology" : en savoir plus

Sur le Schumacher College : en savoir plus

Sur Satisk Kumar et son dernier livre : en savoir plus

Prochain voyage d’exploration organisé par Olivier Maurel : du 7 au 12 juillet (7 jours ; à Totnes, Angleterre) en savoir plus






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